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BILLY HINSCHE Me and Brian (Wilson)….

1964, Beverly Hills, le ghetto huppé de Los Angeles. Deux fils de stars, Dino Martin (fils de Dean Martin) et Desi Arnar Jr (fils de Lucille Ball et (...) suite

1964, Beverly Hills, le ghetto huppé de Los Angeles. Deux fils de stars, Dino Martin (fils de Dean Martin) et Desi Arnar Jr (fils de Lucille Ball et Desi Arnarz) ainsi que le rejeton d’un business man philippin, Billy Hinsche, signent sur le label de Frank Sinatra (Reprise). Les trois compères fan de surf music, âgés de 14 et 16 ans, débarquent avec des mélodies et des looks sous influence british invasion (Beatles, Kinks, Hollies) et fréquentent Lee Hazlewood ainsi que la crème des musiciens de L.A. connue sous le nom du Wrecking crew, (alias les accompagnateurs de Phil Spector et des Beach Boys).

Les petits Mods from L.A grandissent, Dino connaît un sort funeste (crash d’avion), Desi Jr joue dans la série kitsch 80’s Automan et interprète son père dans le film les Mambo Kings. Billy filme et accompagne les Beach Boys tout en produisant des titres solos et une pépite d’album en 1974 pour Ricci Martin (le benjamin de la famille). Aujourd’hui résident de Las Vegas, Nevada, Billy est un homme très sympathique et une manne passionnante d’information pour qui s’intéresse à la cote Ouest des Etats-Unis. Encore merci Billy pour l’album solo qui compile tes meilleurs titres, l’après midi du 25 Juin 2007, la rencontre avec Jeffrey, Probyn et tous les musiciens de Brian Wilson. Le rêve du surfer en appartement que je suis.

JED : Comment considères-tu le jeune Billy Hinsche qui jouait dans Dino, Desi & Billy ?

Billy Hinsche : Je n’ai pas tellement changé, si ce n’est que je ne suis pas aussi timide. J’avais peur de dire quoi que ce soit, j’étais très jeune. Maintenant j’adore être sur scène et parler au public et être moi même. Avec l’age et l’expérience je suis à l’aise. Très jeune, j’étais plus fermé.

Vous étiez intimidé de fréquenter autant de stars ? Ce n’était pas trop de pression d’être sur le label de Frank Sinatra (Reprise) ?

C’est vrai que c’était une expérience unique, mais nous étions si jeunes que nous ne nous en rendions pas compte. Desi venait d’une famille issue du show business, de même que Dino, ils étaient habitués. J’étais tout de même excité par ce genre de choses, même encore aujourd’hui.

A l’époque de Dino, Desi et Billy vous pensiez au futur, imaginiez-vous qu’on écouterait encore vos disques plus de quarante ans après ?

Pas du tout. On avait enregistré quatre albums et je pensais que c’était fini. Les gens ne faisaient pas de rééditions et de best of à l’époque. Pas de CD, de DVD’s ni de cassettes, c’était des cartouches huit pistes. Le concept des compilations n’avait pas encore commencé. J’aurai été très étonné si tu m’avais dis alors que quarante ans plus tard nos disques continueraient à se vendre.

Te souviens-tu la première fois que tu as entendu un disque des Beach Boys ou des Beatles ?

Je pense que j’ai entendu les Beach Boys avant les Beatles car ils ont été le plus gros groupe du monde trois ans avant les Beatles. J’entendais tous leurs disques car ils passaient à la radio. Ils ont eu tant de hits. J’ai pensé que c’était intéressant ce groupe de gars qui chantaient sur le surf, c’était quelque chose que je n’avais pas fait. Mais c’était cool, on aurait dit un groupe garage. Au fur et à mesure qu’ils sortaient des disques, ils devenaient de plus en plus sophistiqués. Les chansons devenaient plus belles ainsi que les harmonies. Pour les Beatles, je me souviens de She loves you et de I wanna hold your hand à la radio, c’était incroyable. Je pense que c’était au Jack Parr show, il les a eu avant Ed Sullivan. Ils étaient différents, c’était fantastique, ils avaient un look européen et avaient l’air mystérieux. Ensuite on s’est rendu compte qu’ils avaient aussi un grand sens de l’humour et du sarcasme.

En 6 ans de 1964 à 1970, Dino Desi & Billy avait beaucoup évolué.

Oui, six ans, c’est ça. Même un peu plus, car Dino avait enregistré un disque solo et moi aussi en 71/72. On a été associés pendant huit ans avec Reprise, Warner Brothers puis Columbia. Les disques devenaient plus orchestrés et plus produits, ils voulaient le son teenage de Dino, Desi & Billy, mais on avait déja dépassé ça. Il reste donc des inédits de la période Columbia, la chanson qui est sortie malgré tout s’appelait Hawley, une ballade, mais il reste quatre inédits. Au début on ne jouait pas sur nos disques, c’était le rôle du Wrecking crew. On était un peu surpris de voir qu’on n’allait pas jouer sur nos propres disques, même un peu déçus. Mais on nous a fait comprendre que c’était ainsi que ça fonctionnait. Ensuite, on a pris notre indépendance, on avait monté une boite de production, de l’édition de chansons et on avait compris que l’on pouvait, ha-ha, gagner plus d’argent de cette manière. Après quatre albums et quatre ans, on avait appris pas mal de choses.

Quand les Beach Boys ont voulu faire appel à toi au début des seventies pour jouer avec eux, je crois savoir que tes parents ne l’on pas vu d’un très bon œil ?

C’était en 1969, ils se posaient des questions quant à leur futur. Ils cherchaient quelque chose de frais à incorporer dans le groupe. C’était la famille, Carl était mon beau-frère marié à ma sœur. Brian, Mike, Carl et Dennis sont venu chez moi, je ne me souviens pas si Al était là. Ils m’ont demandé si je voulais joindre le groupe, ils voulaient que je remplace Bruce. J’ai dit oui, bien sûr ! Mon père a parlé à leur manager et tous les deux étaient d’accord sur le fait que je reste à l’école. J’ai quand même joué avec eux pendant mes années a l’université. En 1974, j’ai eu mon diplôme de L’U.C.L.A (University of California Los Angeles), section cinéma et télévision, j’ai alors pu rejoindre le groupe à plein temps. Pendant mon séjour à l’université, j’ai pu filmer des vidéos du groupe, je pouvais suivre la tournée et continuer mes études. Vingt ans plus tard j’ai vendu les images pour différents show et documentaires télés sur les Beach Boys.

(Un gros Hummer s’arrête avec un énorme service de sécurité , c’est Arnold Schwarzenegger qui effectue une visite éclair de la tour Eiffel. Governator regarde dix secondes par la fenêtre de son véhicule et repart comme il est venu. Amusant de voir le gouverneur de Californie devant le champ de Mars alors que nous étions en plein mythe californien)

Ces études à L’U.C.L.A t’ont fait évoluer ?

Oui tout à fait, je suis content d’avoir suivi ce parcours, plutôt que d’être revenu plus tard à l’université.

Et ces méthodes vidéos que tu as lancé dans les années quatre-vingt ?

Ah, oui. Les leçons de pianos pour jouer les chansons des Beach Boys. Je recevais des catalogues de méthodes dont certaines de mes amis John Sebastian (Lovin ‘ Spoonful) et Roger McGuinn (Byrds). C’était si évident que je n’y avais pas pensé, c’étais simple, mais il m’a fallu plusieurs années pour y penser (sourire). Je pense que c’est bien de passer ces chansons à d’autres.

Tu dois avoir une opinion sur l’évolution de l’industrie du disque, car tu as connu quatre décades dans ce milieu ?

J’ai mon avis oui, bien sûr. Tower Records, qui était une institution à L.A et dans tout le pays, a fermé à cause du téléchargement. C’est un monde très différent aujourd’hui, cela affecte le paiement des artistes, des auteurs et des éditeurs. Qui aurait pu croire qu’un jour on pourrait acheter de la musique avec un portable.. C’est le progrès, par contre la musique d’aujourd’hui ne me semble pas géniale. Je ne m’intéresse pas beaucoup au rap, ou très peu. Cela ne me semble pas très musical, on revient plutôt aux rythmes primitifs, il y a peu de mélodie et la production est trop technique. Cela à perdu son âme.

Il y a en même temps pas mal de nouvelles générations qui redécouvrent et citent l’influence des Beach Boys. Brian Wilson en est-il conscient ?

Oui, parfaitement il est conscient de son apport à la création du son californien. J’en suis sur. Il est conscient de son impact.

Et la tournée ?

Tout ceux qui sont dans le groupe font de leur mieux. Vraiment. Ils le font pour Brian et pour le public. Ils respectent sa musique et l’homme qui les a écrits. Il est assis juste à côté d’eux. C’est la chose la plus importante. Tout le monde fait de son mieux. Nous voulons être intègres en tant que représentant de Brian. Quand j’ai appris que j’allais faire la tournée de l’Europe, j’ai pensé qu’il y avait de très belles villes sur mon itinéraire. Mais la ville où j’étais vraiment impatient de revenir était Paris. Je suis content de l’avoir fait.

www.billyhinsche.com
www.myspace.com/billyhinsche

Un commentaire

Franchement cool, ce Billy. Question à l’auteur : ça vat le coup de lire le bouquin Waiting for the sun, consacré à la scène californienne ??

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 2 juillet 2007 à 11:47