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DAVID BYRNE Big Love : Hymnal

Je suis un grand sentimental. Encore plus lorsque j’ai survécu à une nuit d’ivresse borderline et pas dormi depuis 72 heures. Le genre de nuit où tout ce (...) suite

Je suis un grand sentimental. Encore plus lorsque j’ai survécu à une nuit d’ivresse borderline et pas dormi depuis 72 heures. Le genre de nuit où tout ce qui peut arriver arrive, comme dirait Byrne

Alors les enchaînements des compositions qui forment ce disque étrangement homogène dans son hétérogénéité musicale, c’est un truc qui me bouleverse. Il y a une douceur contrôlée, comme une caresse très sûre d’elle sur une peau jamais frôlée. Il y a des arrangements plus magistraux qu’aucun corps ne vous en a jamais offert. Il y a de la grâce chez Big Love : Hymnal.

Le bande son d’une série sur des mormons polygames, cela sentait à plein nez les petites fleurs bleues et roses. Celles qu’on met dans une coupole en grès dans les chiottes. L’amour qui fait tourner la tête est souvent le même qui file la nausée. Ce qui n’est pas si grave tant que cela se passe dans les chiottes susdites.

Big love: HymnalLà non. Non content d’avoir retravaillé avec son pote élitiste Eno l’année dernière où les deux déconneurs de la cafétéria de l’école d’art pour gros Q.I. avaient écrit un album mi-world music mi-eclectroïde sorti cet été, David Byrne sort maintenant une B.O. Oui mais une B.O. qui ne ressemble pas à ce que font les séries d’aujourd’hui.

Lost passe du Damien Rice et Grey’s Anatomy du Interpol. Ca y est vous êtes heureux, vos amis ignares écoutent des indépendants à leur insu ? Rien à foutre, Byrne ne compose pas de pop et encore moins de rock. Big Love est recouvert ici de plages sirupeuses de violons, de piano droit, de cor et tout le tintouin des beaux orchestres. Avec aussi de la slide guitar, de l’harmonium, un orgue à la Twin Peaks, et d’ailleurs quelques jolies nostalgies fifties.

Pas de paroles s’il vous plait. On veut de la bande son, pas un clip. Seule exception le titre « single » Blues Hawaii entre Jack Johnson et Elvis période crevette et short de bain. Cela m’a rappelé ma première écoute de TNT de Tortoise, ou Moon Safari sans vocoder. Le jazz d’un ingénieur vivant à la campagne.

Cela va en barber plus d’un et Byrne le sait bien. Vous aller bailler. Et rire que j’ai pu me sentir amoureux transi en écoutant cette soundtrack, la bouche encore empâtée dans des effluves de gin tonic. Mais combien peuvent rentrer au Tate Modern et à Beaubourg alors qu’ils savent qu’ils vont s’emmerder dix fois au moins et ne tomber à la renverse qu’une seule ?

David Byrne // Big love: hymnal // Luaka Bop
http://www.myspace.com/davidbyrnemusic

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