Une altercation avec l’attaché de presse de Kevin Ayers, des insultes numériques avec une attachienne de presse qui veut le beurre et l’argent du beurre, une soirée en compagnie de sionistes blousons noirs pour vanter les mérites d’un écrivain…. Petit récit de nos relations quotidiennes avec les attacheurs de presse.
Il y a la phrase cliché. Celle qui revient à dire que le journaliste est un artiste raté. C’est relativement exact. Lorsque je côtoie certains attachés de presse, j’ai tendance à penser qu’ils sont en fait au dernier stade de l’échelle. Des journalistes ratés. Mendiants devenus rois par la force du marketing. Où l’on repense aux citations de Modiano sur le travail d’un attaché de presse, «un homme de l’ombre qui élève la création de l’artiste et se retire où celui-ci brille enfin». On en est loin.
De l’art et du cochon et des mises en lumières égotiques d’une portion de personnes dont le métier devrait être de rester dans l’ombre. Derrière les artistes qu’ils défendent. Forcément dans un contexte de destarisation des stars, d’évacuation du propos au profit des looks Américan Apparel, l’attaché de presse monte de plus en plus sur la scène. Quitte à nous envoyer bouler lorsqu’on lui demande une interview vidéo de Kevin Ayers. Car la publication de papiers dans des journaux qui n’en ont strictement rien à foutre semble être la priorité. L’archétype du quadra’ jeune qui te tutoie d’emblée en te parlant rock jeune et vieilles stars du show-bizz. En fait… ce sont simplement les dinosaures d’une époque révolue. J’attends encore la météorite qui tuera l’espèce.
Certains attachés semblant encore penser (ils le PENSENT vraiment) que la presse est au service d’attachés de presse à la réputation usurpée, tenant encore debout parce qu’un jour ils ont officié pour Lou Reed (mais en quelle année ? 86 ?90 ? 2001 ?). Comme si avoir été l’attaché de presse de Lou Reed était un passe-droit à toutes les dérives. Comme si être attaché de presse en 2007 était une consécration ultime qui permettait de :
1. Commencer sa phrase par “Attends je suis à toi tout de suite” (suivi d’une sonnerie de téléphone avec Take me out en polyphonie)
2. Porter des jeans slims en hiver, agrémentés de décolletés vertigineux qui font briller l’intelligence physique de l’attaché de presse en question.
3. Te bassiner pendant 2 heures sur leurs faits de gloire illustres (« Mais j’en ai quoi à foutre moi, du fait que tu as bossé avec Patti Smith uh ?! C’est une interview d’attaché de presse ou bien ?! »)
4. Te regarder droit dans les yeux, l’œil humide en te confessant low-tempo qu’il y croit dur comme fer au dernier album de Tekki Latex, Mickey 3D ou Babyshambles. Le pire c’est que si on était pas bourré on pourrait presque y croire à ses conneries.
J’avoue que les venues à Paris d’artistes mythiques sont assez rares pour qu’on soit poli avec les gens. Cela nous divertit un peu entre deux interviews fadasses sur les groupes anglais (dont la moitié sont toujours en train de faire du shopping pendant les interviews, c’est incroyable). Mais les concessions à monnayer pour les rencontres s’avèrent souvent péniblement fastidieuses et le tribut à payer (communiqué de presse outlook faussement hype, lien html et discussions fadasses sur le « retour » de tel ou tel artiste) souvent trop lourd.
Comme cette nouvelle mode du publi-reportage où l’attachienne de presse demande articles d’annonces du festival, visibilité sur site et compte-rendu des évènements ou l’action se situe le plus souvent backstage ou au bar. A cette allure c’est le retour à la propagande par communiqué de presse des communicants. Fiction ? Oui bien évidemment.
Sauf pour les lecteurs abonnés aux Inckoruptibles.
Un message adressé aux vieux parasites briscards du métier qui croient encore que ce sont les gros médias qui font acheter et parler, cette bande de gens facilement reconnaissables en soirée à l’attroupement qu’il forme entre deux coups de fil. Voire aux coups tordus qu’ils manigancent en utilisant la notoriété de l’artiste qu’ils défendent.
Flashback d’une soirée mémorable dans le 13ième consacrée à la sortie d’Artefact de Dantec, transformée en réunion d’anciens paras sionistes avec projection de vidéos cops-guns-insécurité-nouveau monde sur fond de discours fleuves où l’amour de Jeff Buckley et la haine des arabes se mêlaient joyeusement. Le doux regard des vigiles cranes rasés se posant sur moi avec la même affection qu’un SS au siècle dernier sur les masses étrangères. «Il faut rentrer maintenant, la conférence reprend » nous souffle l’attaché de presse un peu pressant en appuyant durement sur mon épaule. « Deux minutes j’arrive ». Je pars en fait en courant pour échapper à la sécu’ à large cage thoracique.
La création n’a pas besoin d’artefact justement. Ce qui est souhaitable pour le rock ou les journaux l’est autant pour les attachés de presse : Une PUTAIN de météorite qui raserait l’ancien monde pour laisser la jeunesse ENFIN s’exprimer. Que les dinosaures perdent de leur superbe gominée et que les vrais porte-paroles des nouveaux mouvements puissent enfin parler autrement qu’en poussant des coups de gueule contre une minorité dominante d’attaché de presse qui cachetonnent autant que les vieilles dames rue St Denis à 03.00 du matin.
33 commentaires
Hélas j’en connais plein. Des entités flasques dont la colonne vertébrale est aussi flexible que leurs gouts.
Ouais le bébémachin c’est la honte, quand je tombe sur leur nouveau single, je me dis : “putain, ça sonne super vieux ce truc” et v’là que je fredonne “my generation” des who pour recouvrir cette bouse avant de zapper. Bon coup de gueule sinon, à défaut de l’avoir poussé (je souscris), ça fait du bien de le lire !
Très bon article-
Mais!!
en ce qui concerne M G Dantec, je serai plus modéré que toi- C’est vrai que parfois il dérappe et va trop loin, mais de l’autre côté on peut pas dire que l’islam et même les musulmans de France (soit disant modérés) se battent pour la liberté d’expréssion. Tu peux te moquer des rabbins et des curés sans craindre une mort violente, par contre tout le monde serre les miches quand il s’agit de rigoler sur l’Iman. A ce propos le combat de Charlie Hebdo (et pourtant dieux sait que je n’aime pas ce journal) a été exemplaire. Et on ne peut pas accuser Charlie Hebdo de pro-bushisme
That’s just my two cents!!
Un régal ce commentaire….bravo jeune homme…
Pas d’accord.
Ouais ils gueulent beaucoup plus vite etc etc.
Pour la liberté d’expression lis Fouad Laraoui.
Pour les chretiens je te renvoie à l’affaire de la pub représentant la scène qui a fait bien moins de tapage.
Le respect avant la liberté d’expression, monsieur, s’il vous plît, c’est bien plus sacré
Pauvre petit journaliste qui parce qu’il publie un torchon sent son crâne gonfler. A quand une grande critique des journalistes copieurs, menteurs, voleurs et au talent aussi étroit que la laideur qui les caractérise le plus souvent. Ouf ça va mieux !
Lolo ok, je lirai Fouad Laraoui-
Mais tu m’empéchera pas de penser qu’il y’a deux poid de mesure, du tout simplement à la peur.
Lionel oh je suis pas moche moi!!!
Même si un jour un attaché de presse m’a traité de crapeau!!!
![]()
Je pense, Lionel, important d’ajouter que les-dits journalistes mangent leurs crottes de nez et font l’amour à des chèvres non-consentantes.
Salut Lionel.
Presque étonnant que tu ai signé ton commentaire.
A titre informatif dans les commentaires précédents il y a une attaché de presse reconnue qui a donné son identité complète, même son mail direct.
Peux tu en dire autant?
…
“des journalistes copieurs, menteurs, voleurs et au talent aussi étroit que la laideur qui les caractérise le plus souvent” J’ai d’autres défauts mais pas ceux la. Par exemple Lionel, puisqu’il faut être honnête, j’ai de gros problèmes avec mes pieds, j’ai des blessures qui arrivent pas à cicatriser, car je gratte tout le temps les croutes et du coup ca saigne tout le temps.
…
En fait je crois que c’est parce que je ne mets jamais de chaussettes. Mon plus grand défaut c’est donc l’imprudence.
Je t’embrasse.
AH AH AH
bon.
Bester: Tu exagères concernant la soirée d’artefact. Tu le sais, et c’est mal. Et en plus, à cause de ça:
Deluxe: Un peu hors sujet? Bester ne parlait ni de dantec, ni de ses opinions (qui le regardent).
Lolo: Après 5 minutes, j’ai compris, tu voulais dire cène..
Lionel: Bester ne publie pas un torchon.. Tout au plus un essuie tout numérique. (par contre il est laid. C’est vrai.)
…mmmh je suis didactique et chiant. J’espere qu’on peut effacer ses propres commentaires..
Je suis très laid j’avoue je m’en vais m’implanter un auto-erase-plugin-usb greffé au fond de ma mauvaise foi.
j’ai fait une copie de sauvegarde de mauvaisefoi.exe, tu peux l’effacer autant de fois que tu veux, il y aura toujours quelqu’un pour te la renvoyer en pièce jointe.
cène oui pardon
my mistake
5 minutes c’est beaucoup quand même nan?
je comprends pas ton dernier message… uh.. Laisses moi 5 min ![]()
uhuhuh. misère du monde de l’attachage de presse - le bonheur c’est croiser un artiste qui te paye des bière avant de se souvenir que tu bosses dans le rocknroll.
En attendant la Météorite, le mieux serait de les boycoter ces “at-tachés”.
mon coeur balance entre les “attachiennes”, qui ont de la mozarella qui glisse entre les orteils dodues et qui suinte dans les babouches à talons, (traumatisant pour les festivaliers normands)et “les vaches qui rient”, cuir noir et boucle d’oreille, les gros frustrés et troufions du métiiier, juste bons à un tribute to la Ferme des celebrités,et pour qui les chèvres sont consentantes.
t’es un fichtre bon journaliste Bester. Tu veux pas faire météorite?
Bon mes enfants ne tombons pas non plus dans la phrase facile…Il y a des frustrés partout.
D’ailleurs mes pieds me grattent encore. J’y retourne.
C’est vrai que tu es chiant Victor. Et tu le sais.
heu…
j’adore les attachés de presse et j’adore les frustrés.
ben lah moi jtrouve ca correct la
Salut Bester,
Tout d’abord, sache que j’adore ton pseudo (vraiment).
Alors voila, je suis attaché de presse depuis une dizaine d’années pour diverses maisons de disques et on vient de me forwarder ton article. Il vient s’ajouter à la longue liste des papiers qui fustigent sans vergogne notre profession, tout cela n’est guère nouveau. C’est quand même assez étonnant cette haine récurente des journalistes pour des gens qui ne sont finalement que des pourvoyeurs d’information, des relais, des interfaces avec les artistes. Que certains d’entre nous soient des mange-merdes plus préocupés par la nouvelle collection Hedi Slimane que par l’éclosion du prochain artiste majeur n’est pas nouveau non plus. Est-ce une raison pour mettre à l’index l’ensemble d’une corporation ? Je ne le pense pas. Nous fendons nous d’articles rageurs sur la veulerie, la mesquinerie et l’incurie de certains de tes confrères, nous ? Non, nous n’avons ni le temps, ni la tribune pour le faire. Et pourtant, il y’aurait beaucoup à écrire sur les taxeurs de disques qui sont VIP chez Gibert, les journo-groupies qui insistent pour se faire prendre en photo avec les artistes qu’ils interviewent et faire signer tous leurs disques, les dilétantes qui se présentent aux interviews avec une demi heure de retard parce qu’ils pensent être tous seuls sur les plannings ou les tâcherons qui posent des questions aussi passionantes que “tu préfères le live ou le studio ?”… Bref, cher Bester, tout cela est vain, finalement assez injuste et surtout assez proche de la posture. Il est en effet aisé pour le rock critic de base de souligner son indépendance et sa crédibilité en racontant comment il a su résister aux imfâmes pressions des séïdes de majors compagnies sur l’air de “moi je ne mange pas de ce pain là Monsieur !” Un peu facile ne trouves tu pas ? Surtout quand on accepte (voire demande) le service de presse. On appelle ça mordre la main qui vous nourrit si je ne m’abuse. Je crois qu’un peu de recul serait le bienvenu…
Allez, sans rancune, si tu veux, je te raconterai mes super histoires de virées dans les strip clubs de Miami avec Iggy Pop au bar d’un prochain concert (c’est toujours là que nous sommes comme tu le fais si justement remarquer).
Bise du showbiz.
Mathieu
Mathieu est un bon de toutes les façons!!
Je l’aime bien-
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JED
C’est vrai qu’il faut garder le sens de la mesure et au risque de paraitre cliché- il y’a des mauvais partout-
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Salut Mathieu,
Alors tout d’abord moi aussi j’adore mon pseudo, merci.
Pour embrayer, je vais raviser mon jugement enduit d’erreur (sic).
Cet article a été écrit après trois altercations avec trois vieux de la vieille du milieu, du même genre que les journalistes en place depuis trop longtemps. J’adore à ce titre les exemples du mauvais journaliste (je suis tjs en retard don’t acte)
Je peux comprendre que du coup on tombe vite dans la caricature de la profession, et ton mail laisse à penser (je le savais déja en plus mais ca rassure) qu’il y encore des gens bons dans le milieu. Des têtes de lard aussi.
Moi ce que je dis, finalement, c’est que dans la presse, comme chez les attachés de presse ou chez les rockers, tant que les vieux seront en place on se tapera des larmes à l’oeil sur les vieux souvenirs, des coms de presse en HTML antique et des riffs dont tout le monde se fout.
Et puis juste parce que maintenant chez V2 vous allez devoir lutter contre le mastodonte, je t’aime bien.
“Tu préfères le live ou le studio”, mort de rire.
Dans le même genre on a aussi “Et si tu devais résumer cet album en un mot?” ![]()
salut
moi etudiante en communication je veux etre
attache de presse je veux plus d’information
et avoir des correspondants dans se
domaine
merci
L’attaché de presse c’est celui qui a assez de courage pour rester dans l’ombre et assez de force pour refuser des projets qu’il ne cautionne pas. Accessoirement assez d’argent pour les refuser. Le reste n’est que futilité.
[...] Les attachés de presse, nos meilleures amies. [...]
plein de préjugés le jeune homme
Plus que l’industrie c’est le manque d’une vraie scène indépendante qui chie en France. Trop d’intermittents du spectacle, trop d’assistanat… aucune urgence sauf celle de toucher son chomu d’intermittent, on attend du fric de son label, des dates du tourneur, qu’on chie à votre place …
L’auteur et scénariste des films d’André Téchiné présente :
Bonjour,
Communiqué presse, spectacle à découvrir à Paris.
Prolongation jusqu’au 26 juillet 2008.
A l’attention de tout les membres du personnel ainsi que le service de la communication.
Auriez-vous la gentillesse de faire suivre ce mail à vos collègues et amis amateur de théâtre.
Bonne réception du dossier presse, merci de toute votre attention.
Salutations les plus cordiales.
1 Place = 1 Place gratuite
Invitation à venir découvrir ce spectacle tous les vendredis et samedis à 21h à 100mètres du moulin rouge.
01 46 06 53 20
PROLONGATION DU SPECTACLE !!!!!!!!!!!!!!
L’association Promo Est David met sur pieds un spectacle qui traite des personnes âgées en maison de retraite. Il est actuellement à l’affiche à l’Atelier Théâtre de Montmartre (7 rue Coustou, 75018 Paris) les vendredis et samedis à 21h !!
Il s’agit du spectacle « Salut mon vieux ! (Poirot vous parle) » où Poirot alterne la tendresse et une cruelle hilarité, pour nous faire vivre son expérience d’animateur à la maison de retraite du « Rayon de Soleil ». Il nous convoque dans l’univers de ses amis les petits vieux et nous plonge dans la réalité de leur quotidien parfois délirant… Une manière de vider littéralement son sac sur une scène où il fait irruption presque par hasard…
Comédien : David Poirot
Auteur : Laurent Guyot
Metteur en scène : François Delaive
http://www.david-poirot.org
Vous trouverez en pièce jointe le dossier du spectacle.
Né d’une rencontre entre le comédien, le metteur en scène et l’auteur en quête d’une créativité inattendue, le spectacle ose le thème fragile des personnes âgées et des maisons de retraite. Ouvrant la porte d’un univers que l’on s’occupe tant à occulter, le personnage de Poirot nous apparaît comme la caricature de son créateur et homonyme David Poirot. Il est contradictoire : à la fois drôle et saisissant, naïf et réaliste, timide et expansif, triste et joyeux, touchant et incisif, docile et sauvage, tout cela sans qu’il ne s’en aperçoive.
Hormis sa forme, « Salut mon vieux ! (Poirot vous parle) » n’a rien d’un One man show. Il s’agit ici de théâtre mettant en scène un seul comédien. Ce n’est ni une suite de sketches ni une critique ouverte de notre société, mais l’interprétation d’un texte construit.
Laurent Guyot, auteur du texte, a su transformer la réalité abrupte du sujet en un spectacle humain et rempli de tendresse. François Delaive, par sa mise en scène, renforce la légèreté nécessaire à l’adhésion du public, qui peut ainsi se laisser aller au rire des situations comme à la réflexion sur sa propre existence.
Vous trouverez plus d’informations sur le site du comédien : http://www.david-poirot.org et je reste disponible pour tout complément d’information dont vous auriez besoin.
http://www.david-poirot.org
Article à venir Télérama mercredi 30 avril 2008.
Cordialement




ETRE DIEU
j’ai tout lu, et j’aimerais que tu cites le nom de celui/celle qui croit en l’album de Babyshambles siteuplé, pour que l’ombre de la honte soit faite sur cette personne.