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ARNOLD TURBOUST
Arnold Turboust, 2007, nouvel album, Toute sortie est définitive…. Forcément le lexique s’excite : Retour réussi, maturité, quelle surprise !, l’œuvre d’un artiste à part entière, l’album qu’on attendait pas, l’album qu’on attendait plus….Futilité du vocabulaire journalistique pratiqué par des branleurs d’encre.
ARNOLD TURBOUST Car quoi qu’on en dise, nommer son album Toute sortie est définitive, c’est une bonne introduction. Prémisses de retrouvailles entre un homme de l’ombre et les lumières de la composition. Sur cet album, Arnold met le turbo et se booste pour se mettre à la hauteur de ses espérances ; une pop généreuse appréciable par le plus grand nombre sans pour autant faire le trottoir. Un moindre mal. Un signe de bon goût. Avec au passage l’ultime ballade de croisières à savourer avec un gin tonic aux abords du Tropique du Cancer. French Letters, disons le clairement, c’est l’incitation des dandys parisiens à opter pour les vacances FRAM destination Panama by the sea. French Letters, c’est également une certaine conception du monde, partagée par son ancien compère Burgalat, une certaine vision de la pop avec des morceaux de violons et de chœurs angéliques dedans. Le piano, ici, sert de cuillère pour touiller le bonheur.
Toute sortie-est-elle définitive ? Turboust semble démontrer le contraire, car malgré plusieurs annnées d’absence et un passé qui pourrait jouer contre lui (Ses succès 80’), Arnold ne cherche pas ses mots, ne recherche pas la louange. La vérité parle d’elle-même. Et parmi le meilleur de ces nouvelles compositions, il y a Varouna. Drôle de chanson que cette Varouna, sacré putain de foutue chanson qui tente le bas-résilles pour les lendemains de fêtes. Faut dire, de loin elle a de la gueule Varouna: Léger sample des violons de Unfinished Sympathy de Massive Attack sur le devant ; léger décolleté vertigineux donnant sur le Manureva d’Alain Chamfort, et puis ce banjo qui rappelle…. On ne sait on ne sait plus. On est déjà dans les bras de Varouna qu’on a déjà tout oublié. Saloppe.
Il y a donc du Champfort chez Turboust. Cette même modestie musicale, lorsque le génie crache par les enceintes ; que l’insouciance des mélodies parfaites (La Pompadour, parfaite pour le coït estival dans la maison à Tonton, à 15h34, lorsque le soleil frappe fort dehors, sur le gravier) prend le pas sur la réalité. Toute sortie est définitive ? Un album sans complexes qui vise haut sans la peur du vertige, qui s’emballe sur l’excellent D’un côté comme de l’autre en assumant ses influences variétés pas honteuses, car Turboust semble avoir compris l’essentiel, la science des arrangements et l’impact des harmonies ammoniac qui nettoient sans insister. Et tant qu’à faire, Arnold parodie la javanaise de Gains’ sur le semi-raté D’aout à Aout. Pas assez ou trop, il manque un dosage sur cette chanson.
N’empêche.Les ombres planent, Jacno, Daho, les autres, sur la musique de Turboust, à dix milles kilomètres de la hype parisienne. Un album periphérique. Oui. Voila. C’est ça. C’est un album périphérique pour les jours lumineux. Seul au volant de sa Triumph décapotable, direction St Malo et ses plages au ralenti en N&B. Les cheveux, ce qu’il en reste, s’agitent dans le vent ; le temps n’a plus d’importance. On est bien au volant de ce bolide à géométrie invariable, les yeux rivés sur le compteur sans limite de vitesse.
Toute sortie est définitive ? Cela tombe bien, je ne comptais pas rentrer.
Arnold Turboust // Toute sortie est définitive // Encore merci
http://www.myspace.com/arnoldturboust




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