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ARNOLD TURBOUST Leçon de pop élémentaire

La chronique de Toute sortie est définitive Le producteur d’Arnold Turboust avait suggéré un rendez-vous à La Closerie des Lilas, un endroit dépositaire d’au moins deux ou trois (...) suite

La chronique de Toute sortie est définitive

ARNOLD TURBOUST Le producteur d’Arnold Turboust avait suggéré un rendez-vous à La Closerie des Lilas, un endroit dépositaire d’au moins deux ou trois cocktails testés par Hemingway. Une idée judicieuse. Dans l’entrée, un Pleyel quart de queue semble attendre Gary Brooker. Nous nous installons au premier étage, dans un salon aux sièges de moleskine rouges. Arnold est à sa place dans ce décor.

Histoire de refaire connaissance, laissons-le raconter comment il s’est occupé depuis le dernier album, en 94 ( Mes amis à moi, produit par Bertrand Burgalat).

ARNOLD TURBOUST “J’ai écrit des chansons pour Brigitte Fontaine, Je suis conne, avec Etienne (Daho). On a produit quatre ou cinq titres pour elle, sur Genre Humain. Ensuite, je suis parti à Londres, toujours avec Etienne, pour son album Eden. On a enregistré pendant pratiquement un an. Pour Toute sortie est définitive, j’ai pris beaucoup de temps, parce qu’il y a eu énormément de péripéties. Il aurait dû sortir en 2001, 2002.”

Parmi ces «péripéties», la perte de Jack Bally, un ami avec qui il travaillait depuis 1986. Venons-en à la présence d’Yves Calvez sur l’album.Comment cohabitent la pop d’Arnold et les racines garage de l’ex-Coronados ?
“J’ai commencé avec Adélaïde, parce que personne ne voulait la chanter, et je me suis pris au jeu, j’ai été jusqu’au bout.”Dans sa modestie, il omet de rappeler que le joli menuet, chanté avec Zabou Breitman, est monté haut dans les charts et qu’il en a vendu plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.

“Avant, j’étais un “chanteur d’occasions”, poursuit-il. J’ai enchaîné avec l’album Let’s Go à Goa et j’ai eu l’impression que pour devenir un vrai chanteur, il fallait que j’écrive mes textes. Ecrire des paroles de chanson, c’est de l’ordre du slogan, ça doit aider la mélodie.”

Illustration (Une américaine célèbre lui a inspiré un titre du dernier album).

“S’appeler Hillary, c’est quand même assez drôle ! Cette femme était fantastique, son comportement était incroyable : elle relançait même la balle…” Nous ne demanderons pas à Arnold de préciser la nature de la balle.”

Il est temps de parler de Marquis de Sade (Arnold a travaillé avec les Rennais, à leurs débuts). C’est bien Franck Darcel, leur guitariste, qui te présente Etienne Daho ?

“Oui, à cette époque, il maquettait avec une partie de Marquis de Sade. Etienne était un copain que je rencontrais au cours de fêtes, mais on ne jouait pas encore ensemble.”

Parmi les albums que vous avez enregistrés, quel est ton préféré ?

“Je crois que c’est Pop Satori, même s’il y a eu beaucoup de problèmes. Une confiscation des bandes, notamment. On a dû interrompre l’enregistrement jusqu’à ce que la maison de disques paie ce qu’elle devait au studio. Mais c’était la première fois qu’on allait en Angleterre, la première fois qu’on réalisait nous-mêmes. Il y a beaucoup de premières fois sur cet album ! Il y a Eden aussi…”

Et parmi les chansons écrites avec Etienne Daho ?

“En fait, je ne réécoute jamais. J’ai beaucoup de mal à me retourner, j’ai peur du vide. Parmi celles qui ont marché, j’aime bien Epaule Tattoo et Tombé pour la France. Mais mes préférées restent La ballade D’Edie S, Désir, ‘Un serpent sans importance’ et Je suis conne.”

Justement, sur cet album de Brigitte Fontaine, il y a une sorte d’alchimie entre vous.

“Elle déclamait le texte de Je suis conne, sur scène, avec un solo de guitare de son comparse, Areski. Avec Etienne, on a écrit une bande-son et les autres titres sont nés très vite. Elle nous a laissés libres de faire exactement ce qu’on voulait. Un très bon souvenir !”

Quand vous lui parlez french pop, Arnold vous répond Air. French touch ou variété, où en est-il, lui-même ?

“Nulle part… Moi, je fais de la musique pour me faire plaisir. Il m’arrivait d’écouter certains morceaux de Patrick Juvet, comme J’ai peur de la nuit (une reprise d’Alice Cooper) et c’est vraiment de la variété !”

Les chansons… Préoccupation qu’il partage avec Bertrand Burgalat

“On est devenus copains parce qu’on avait exactement les même goûts musicaux, il est pour beaucoup dans la réussite de l’album précédent.”

A propos de goûts musicaux, que trouve-t-on sur l’IPOD d’Arnold ?

“Arcade Fire, Sparklehorse, Gonzales, Cat Power…”

Le moment est venu d’aborder la question de la scène… Hum, il semble bien que ça va être la première fois, en tant que chanteur, non ?

“Oui, ce sera vers septembre, on va faire deux dates à Paris, à l’Européen. Je suis un peu… J’ai le trac rien que d’en parler et je suis exalté en même temps. Te dire si ça va ! Ce sera une formule minimale, des titres des trois albums, plus des inédits, d’anciens morceaux revisités.”

La nuit est tombée, un pianiste s’est emparé du Pleyel. Nous parlons encore des basses Framus, de Serge Gainsbourg, des orchestres à cordes… Une fille qui ressemble beaucoup à Edie S. s’assied à côté de nous. Cette fois, nous sommes bien dans l’univers d’Arnold Turboust. Que faire sinon recommander des cocktails ?

Toute sortie est définitive // Encore Merci // Productions Spéciales

www.myspace.com/arnoldturboust

Photo : Gaëlle Riou-Kerangal

12 commentaires

Classe l’interview. La pop française s’écrit avec des “personnages de l’ombre” comme Turboust. A quand l’article sur leshommes derrière les chefs d’eouvre (encore que pour Pop satori, je ne parlerais pas forcément de chef d’oeuvre mais bon…)

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 7 mai 2007 à 16:15

Tu sais Syd, les années 80 n’ont rien enfanté de bon, excepté peut-être Jacno. Ah oui, il y a aussi ma naissance. C’est important.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 7 mai 2007 à 0:57

mais ce sont les années 70 qui ont engendré jacno ! Who, Hardy, Stones, Flamin’ Groovies… les années 80 n’ont jamais éxisté. c’est une escroquerie !

Commentaire par Pierre M, le Lundi 7 mai 2007 à 2:04

sauf ta naissance !

Commentaire par Pierre M, le Lundi 7 mai 2007 à 2:04

Les années 80…tu crois que c’est comme la conquête de l’espace par les Etats Unis d’Amérique? Tu crois que c’est comme les crèmes anti-rides qu’on nous vend à longueur de journées? Tu crois que…. Tu crois qu’on nous ment?

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 7 mai 2007 à 4:01

bonjour,

Voici une compil de pop française 70 qui est entrain de faire un carton chez Colette .

Fresh !

extraits en écoute : http://www.love-3note.com

Commentaire par catherine, le Lundi 7 mai 2007 à 15:46

Merci grace à vous je me suis remis un vinyle de Triangle. Quel groupe quand même. Vous pouvez m’expliquer le lien avec l’article ci-dessus?

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 7 mai 2007 à 16:08

ben, ne cherche pas non plus des liens partout. tu es trop logique comme garçon. détends-toi Spoke !

Commentaire par Pierre M, le Lundi 7 mai 2007 à 16:53

On avait dit “pas d’insulte sur les oreilles” Pierre….

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 7 mai 2007 à 18:18

oops ! désolé… je t’offre un 45 T. des Poppies pour me faire pardonner.

Commentaire par Pierre M, le Lundi 7 mai 2007 à 18:37

Une interview, hummmm, minimaliste ?
Avoir Turboust et n’en presser que ça. Pas super le citron des cockatails de la closerie.

Commentaire par manon, le Lundi 7 mai 2007 à 21:39

C’est vrai, Manon, mais Arnold est un être rare et mystérieux, qi ne se livre pas après quelques coupes de chapagne. Il faudra donc le revoir…

Commentaire par Pierre Mikailoff, le Lundi 7 mai 2007 à 11:22

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