J’avoue avoir raté quelques épisodes sur Arnaud Michniak. Quelques trains et des wagons (La période Diabologum, puis Programme) qui semblent immanquables pour les nombreux névropathes qui s’excitent sur la sortie de Poing perdu. Le nouvel objet solo du Monsieur.
Alors j’aurais put faire comme n’importe qui. Ouvrir Wikipedia, myspace, une bio PDF, me renseigner, que sais-je, découvrir de quelle couleur était la couleur de la musique à Michniak avant de chercher à l’enlever.
J’ai préféré me concentrer sur les chansons de Poing Perdu. Un objet, littéralement, que je n’arrive pas à saisir. Définir enfin. Car après écoute je ne sais toujours s’il s’agit là d’un livre ou d’un disque. D’un brûlot ou d’un pamphlet. Et puis… Ce fut la longue descente aux enfers.
Il faut dire que je déteste le rock dans la langue de Raimu. Cela donne droit en général à de longues cavalcades engagées sur des portes ouvertes avec rimes riches à la clef. Mais dans le cas de Poing Perdu messieurs, j’avoue avoir vacillé. Un album de rage. Rageur, énervé, frustré, un album de son temps qui fustige en talkover le monde dans son grand ensemble sans le toiser de haut. L’une des rares fois où les paroles semblent plus importantes que la musique.
La musique justement, et cette guitare. Qui me fait penser à la période noise de Lou Reed, puis le son cristallin de Pj Harvey sur certains albums (Lesquels ? On s’en fout non ?!). Cet album est un concept joué sur orgue. Indéfinissable ecclésiaste christano-social avec de vrais bouts de chansons dedans (A travers les gens comme au fond de moi) et une réelle envie de vriller le sens avec une grosse mèche à la pointe de la perceuse.
L’énergie du rap et la flagrance du saint rock & roll gravé sur une même face. Ne reste peut-être que The John Venture pour faire écho dans ce décorum français qui exclue l’expérimentation. Poing perdu est un album fantomatique minimaliste à écouter seul, chez soi, bière à la main, avec le son de la TV coupé. Troublant. Un combat de boxe avec Bourdieu en commentateur.
Arnaud Michniak // Poing perdu // Ici d’ailleurs




ETRE DIEU