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ARMELLE Plus forte que Collette Renard

Armelle aime les gens, la tendresse et la délicatesse. Alors que bien des comédiens de stand up font de leurs sketchs des réquisitoires, elle, quand elle fait une (...) suite

Armelle aime les gens, la tendresse et la délicatesse. Alors que bien des comédiens de stand up font de leurs sketchs des réquisitoires, elle, quand elle fait une vanne, son regard s’adoucit au premier rire.

Chez Fogiel où elle fait des apparitions, lorsqu’elle se moque de Jean d’Ormesson en secrétaire particulière stricte, c’est pour rendre hommage “à une certaine élégance française”. Tout comme lorsqu’elle prête ses traits à Miss France… Elle se moque un peu de l’institution, mais avec l’attachement qu’elle porte toujours aux personnages qu’elle créée.

armelleSur scène ou à la télé, une galerie de personnages défile, dérisoires et drôles. On pense à s’enrager devant tant de savoir vivre, et finalement on se résigne. On finit par ce dire que dans ce monde d’enc…, effectivement, pourquoi en rajouter dans la méchanceté.

Arrivée à la comédie avec la fascination qui naît en regardant les acteurs depuis les coulisses, son premier plaisir de scène est survenu lors de l’exercice d’improvisation de son premier cours d’art dramatique. Elle ne se rappelle plus du thème ou de ce qu’elle avait exactement fait une fois montée, mais les rires spontanés des autres élèves lui donnent son premier frisson. Maintenant c’est la télé. Elle reçoit des déclarations d’amour de téléspectateurs. La misère affective la touche, celle qui s’accroche à l’animation colorée des petites boîtes de couleurs. Et si les acteurs de stand up homme ont tendance à partir du prolégomène que
le monde est bête et a donc besoin de lucidité, la génération féminine actuelle semble plutôt s’attacher à rendre le monde plus bienveillant. Là aussi, on a d’abord envie de réagir et de hurler, d’exposer toute la bêtise du monde qui rend méchant, et puis, en regardant Armelle, on se dit qu’après tout, non, tout n’est pas perdu.

J’ai bien essayé de lui dire quelques vacheries, mais ça aura été peine perdue. Le public télévisuel n’a sans doute pas la chaleur d’une salle de spectacle. Et la solitude de ce public fait écho à la toute puissance, elle aussi solitaire, des animateurs producteurs. Les Guignols l’ont suffisamment souligné dans leur caricature de Jean-Luc Delarue. Mais dans ce monde glacé, on appelle au secours Collette Renard et son ode au plaisir. Qui, pour la lectrice des moralistes du XVII eme qu’elle est, ne saurait aller sans le sens de la mesure. On ne traite pas les choses inanimées comme les êtres. Là aussi, on a envie de dire qu’on en a connu qui méritaient pas tant, et puis fatalement, on se ravise.

Sa carrière a commencé dans des rôles secondaires et des pubs. Dont une pour des poulets, ce qui la rapproche du Président Salengro aux grandes oreilles. Débutant, on lui avait fait dire “côt côt” en imitant la volaille (en VO espagnole). Elle a participé dans des petits rôles au projet OVNIesque de la Belle Verte de Coline Serreau, et à l’aventure d’Amélie Poulain. Elle a su depuis tracer son chemin.

Dans Caméra café, son personnage de Maéva Capucin s’entend très bien avec le personnage gay. Par contre, on ne peut que déplorer que les hétéros de choc Bruno Solo et Yvan le Bolloch s’amusent à ses dépends, en photographiant leur teub’ sur l’appareil qu’ils lui ont subtilisé. Maéva a souvent le dernier rôle ou la fonction de sortir la vanne ironique qui relance le sketch. Dans cette émission dont le concept a été décliné dans de nombreux pays, on imagine que trouver une perle comme elle n’a pas été aisé dans les versions espagnoles
ou grecques. Désolé pour les amateurs de vacheries entre amis… Je n’ai pas trouvé une once de méchanceté ou de vulgarité chez l’actrice que j’ai rencontré.

On ne sort pas indemne de la lecture de Saint-Simon (le moraliste, pas le mémorialiste).

Un commentaire

j’irai bien en vacances en Armélie

Commentaire par ALEXROSSI, le Lundi 7 juillet 2008 à 17:28

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