Dévergondé chic à la recherche de la bonne posture, je noie mon désespoir dans la plus ingrate des musiques électroniques.
Apple JellyD’Ethan Kath à Joseph Mount. Du cheap de supermarché aux claviers ringardos piqués à JouetClub, le XXI siècle et ses frasques fluo en ont dégoûté plus d’un. Il faut le vouloir pour le croire. Cette vieille pochette couverte de bière premier prix. Ce triangle des Bermudes en guise de référence, où deux pauvres bolos encapuchonnés nous regardent l’air accusateur. Cette vieille pochette qui suinte au bord de ma table accueille Apple Jelly, mixité vomitive incestueuse entre les Ting Tings et les branleurs de Simian Mobile Disco.
APPLE JELLY Etouffé par des influences trop marquées, Apple Jely fait le choix de ne pas en faire. Comme le DJ du week-end balançant ses beats saturés et son r’n'b tropical, sa pop électrique exécrable et son Justice remixé au burin, AJ se la joue électro. Sans l’être. Rock. Sans l’être. Il en ressort une mixture verdâtre, acide, et finalement pas très consistante. L’idée du plagiat n’était pas forcément mauvaise. Pas trop con non plus. Mais suicidaire en ces temps de restriction budgétaire. La concurrence est rude et Apple Jelly en hypothèque. Il aurait été plus aisé de s’inspirer du jeu scénique de Cali ou du dernier suppositoire canin de Benabar. Au moins, la voie de la réussite eut été plus simple. A l’instar d’un désherbant périmé, les quelques titres popisés par une voix faussement dolce n’arrive pas à détruire l’envahisseur vert. Penser à la date de péremption et se mettre à jour car les technologies ont évolué ; les mentalités aussi. Alerte rouge déclenchée, ça commence à empester.
La douleur est vivace. La sensation d’un effaceur sur une plaie béante. Elle s’accentue et culmine pour nous achever au 9ème titre. Je n’irai pas plus loin. Mon vertige devient maladif et je ne peux m’aventurer plus longtemps dans un vide si sidéral. Apple Jelly réussit le pari fou de mixer le pire (Cazals) au… pire du pire (génération Pacific !). La daube est si bien faite outre-Manche, pourquoi ne pas les laisser faire ?
“You can’t always get what you want”.
On n’est pas si difficile pourtant…
Apple Jelly // Nanana Club // MVS
http://www.myspace.com/applejellyy




PLAY BLESSURES