Apple Jelly, c’est un peu de confiture pop dès le réveil, de l’électro au coucher, pour mieux réver. Apple Jelly, ce sont des tartines de pop dans une bol de rock, sompteux mélange riche en vitamine. Apple Jelly, ce sont des déclarations incendiaires, limites trash («We wanna make sex with Yoko») qui donne envie de culbuter la vieille à grands coups de pop dans le popotin. Apple Jelly, enfin, c’est un duo de frères venant de Lyon, sortant fin 2007 un album à écouter au réveil, au coucher, debout ou couché. Rencontre avec Benn, l’un des deux frères, et surement pas le plus normal des deux.
Apple Jelly, on vous a découvert à Paris en septembre dernier, avec ces compositions incroyables de fraicheur. Après le live, une question subsiste.. Pourquoi Apple Jelly? L’amour de la gélatine?
En fait, ça fait référence à ce plat anglais : la jelly. On a l’impression que c’est assez instable, ça part dans tous les sens mais finalement, c’est assez contenu. C’est un peu nous tout ça !
On se rappelle vous avoir entendu dire qu’Apple Jelly possédait différentes configurations, pouvant être jouées en duo, en groupe, en acoustique… ou va votre préférence aujourd’hui?
Aujourd’hui, on préfère le jeu en groupe. D’abord parce qu’on a une super équipe et qu’on a l’occasion de bien rigoler en tournée et qu’ensuite parce c’est de cette manière qu’on peut le mieux représenter les chansons qui ont d’abord été enregistrées avant d’être jouées. Pour ce qui est des autres configurations (mix, acoustique et autres), elles ont chacune leur fonction : faire danser, apaiser ou encore faire planer….
On parle de ce live, joué de manière impeccable mais devant une salle à moitié pleine. Avec le recul comment jugez vous les années de galère, le fait d’être lyonnais et donc loin du buzz, et puis la consécration soudaine avec la première partie des Klaxons à Lyon, le Paris Paris en mai, etc???
Déjà, on ne parle jamais de galère. La musique et l’art pour parler de manière plus générale sont des choses viscérales pour nous. La galère, elle est dans le financier mais nous n’avons pas fait ce métier pour ça. Notre objectif lorsqu’on sort un album, c’est d’essayer de fédérer un maximum de gens autour de façon à pouvoir se lancer sur un autre projet en mettant à chaque fois la barre un peu plus haute.Quand à nos concerts récents et futurs, on les aborde à chaque fois comme si ça allait être les derniers. C’est la meilleur façon pour tout donner!
On remarque un net changement dans l’esthétique du groupe, plus hum coloré, pop, alors question… L’album est-il prévu avant la fin de l’année?
Oui, enfin une date est arrêtée ! L’album sortira le 15 octobre de cette année. Il faut savoir que pour nous, il est prêt depuis plus d’un an maintenant. C’est ce qui est frustrant avec le business. Entre le moment ou tu composes ton disque et le moment ou tu le sorts, il se passe un lapse de temps phénoménal. J’envie l’époque où les Beatles, les Doors … sortaient un album tous les ans.
Aujourd’hui, la crainte de ne pas vendre un disque est devenue telle que de plus en plus de précaution sont prises quand à la sortie. Les intermédiaires entre les artistes et le public sont trop nombreux. Cela nuit à la spontanéité et du coup certains disques d’aujourd’hui sont certainement plus créés par des pros du business que par des musiciens visionnaires. Heureusement, il y a internet mais là encore, ce qui devrait être un espace sociale sans règle est en train de devenir un lieu d’autopromotion par lequel nous sommes tous aobligés de passer.
On remarque que Xavier Veilhan fait partie de vos amis, seriez tentés par des collaborations multi-culturelles, style des expositions avec Apple Jelly en maitre de cérémonie, des tops modèles cocainées dansant sur Radio?
(Rires) On est fans d’art contemporain. Je me rappelle qu’on est allé voir une expo de Xavier Veilan en 1999 au Magasin à Grenoble. Ce jour là, on a pris cher ! Ce fut réellement un choc. Par la suite, nous avons découvert les travaux d Mathew Barney, de Cindy Sherman, de Damien Hirst etc. Pour la mode, c’est pareil. On aime autant la regarder que la porter. On aime Mc Queen, Galiano, Lagerfeld, Castelbajac etc. Notre objectif est vraiment de faire sauter les barrières entre toutes les disciplines artistiques. On a fait ce boulot pour rencontrer des gens, pour s’exprimer au travers de la musique, de la peinture ou de l’écriture. D’ici peu, on devrait nous trouver là ou l’on ne nous attend pas trop !
Bon apple jelly c’est une histoire fraternelle. on pense aux Kinks, aux Allman brothers, à Oasis, à Indochine (non c’est une blague ah ah), les frères Asheton…. Quel est le groupe de frères dont vous vous sentez le plus proche?
Question très difficile…Je pense que chaque lien fraternel est singulier. Le fait que l’on soit frère nous permet de faire une économie de langage. En studio, on n’a rarement besoin de se parler pour se comprendre. On a développé certains codes, c’est tout. Sinon, artistiquement, à choisir, on préfère les Kinks…
Si on part dans le trip «Frères Gallagher», qui partira en cure de desintox, et qui sortira un album solo? Qui frappera sa femme, et qui choisira les chansons du best-of?
Oullalalala ! !! Je pense que je partirai en désintox, que Viktor sortira son album solo et moi aussi mais un peu plus tard, en retour de désintox quand je me serai rasé la tête… Pour ce qui est de taper sa femme, nous sommes des gentlemen. Jamais nous ne lèverons la main sur une femme. Par contre, on est plus du genre à aller pisser dans les bénitier! La religion est plus au centre de nos conneries. D’ailleurs, on voudrait lancer un appel à tous : on a en projet de peindre toutes les églises, temples, synagogues, mosquées en couleur arc en ciel. Je pense que certaines communautés seraient ravis…
On pourrait parler de vos influences, John Carpenter,Blur,Gainsbourg, Eno, Burgalat.. Mais s’il vous fallait être l’influence d’un groupe, qui serait-ce?
Pour chaque disque, nous puisons nos influences dans le cinéma. A notre tour, on adorerait influencer un réalisateur ou un scénariste. ça serait vraiment une consécration. Sinon, si on devait influencer un groupe, alors certainement un groupe un peu téméraire, sachant prendre des risques sur chaque projet. Surtout un groupe qui ne referait pas deux fois le même disque.
Bon en vrai, faire de la musique à Lyon, en venir, ca donne pas envie d’en partir? vous ne vous dites pas que tout serait plus simple en étant de la capitale?
Pour la hype, peut-être. Pour la création, certainement pas. Il faut beaucoup trop de moyens à Paris pour un groupe comme nous. Notre musique se fait en, studio. On a besoin d’espace. C’est très important. Paris, nous l’utilisons comme une source d’inspiration. Nous montons en moyenne une fois par mois sur la capitale et à chaque fois, nous faisons notre pèlerinage au Palais de Tokyo, au centre Pompidou. Nous cherchons les moindre expos intéressantes. Lorsque nous sommes à Paris, nous n’allons quasiment jamais voir de concerts. Il y trop de choses intéressantes que nous n’avons pas sur Lyon dans les galeries et les salles d’expos.
Un musicien me disait récemment que les groupes parisiens possédaient en général des compositions moins solides que ceux de province, mais possédaient le look. Vous partagez cette théorie?
Je ne sais pas si on peut faire une généralité. Je n’aime pas les généralités. C’est vrai qu’à Paris, le look semble être quelques chose de très important.
C’est un discours de maison de disque. Pour le moment, elles nous disent que notre musique est vachement bien, que c’est “bankable” (c’est horrible comme mot !) mais qu’il faut qu’on soigne notre look sinon, on peut pas signer. …On s’en branle un peu de tout ça. Cite moi un groupe qui a fait un carton sur leur premier album depuis 3 ou 4 ans et qui a fait un deuxième disque digne d’intérêt. Si t’es au top de la branchitude en juin, tu restes au top du ringard en septembre. L’important, c’est quand même la musique.
Quand j’étais gosse, je me rappelle avoir déballé des paquets cadeaux magnifiques sous le sapin de Noël. Tout le temps du déballage, je fantasmais dur le contenu du paquet. Un paquet aussi beau doit contenir un jouer mortel ! La plupart du temps, j’étais déçu. C’est un peu ça la musique aujourd’hui. Heureusement, pas chez tout le monde. Il reste encore de super groupes.
Pour finir, quelle est votre plus grande théorie sur Apple Jelly?
Ce n’est pas vraiment une théorie mais plus une façon de vivre pour Viktor et moi. Souvent, en phase de création on se dit : “si on ne risque rien, on n’obtient rien”. On aime travailler sur le fil, se surprendre. Voilà tout.
EN EXCLU: L’intriguant single Radio des frères déjantés
http://www.myspace.com/applejellyy
Interview par Bester Langs




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