Cela fait maintenant plus d’un mois que nous sommes rentrés en contact avec eux. Des extraterrestres pour nous. Une classe d’êtres supérieurs, des dieux qui ont percé les secrets de la musique électrique. Alive Records est le label le plus étonnant qui m’ait été donné de voir à l’oeuvre. Il fallait bien essayer de percer le mystère d’un tel savoir-faire. Entertien avec Patrick, tête chercheuse et boss bluesy d’Alive records.
Votre label fonctionne comme un gang n’est ce pas? Où est-ce que vous arrivez à trouver tout ces Freaks (Black Diamound Heavies, Radio Moscow, SSM…) Ils viennent d’eux-mêmes ou vous êtes à la recherche de ce genre d’artistes ?
Oui, en effet, nous sommes un drôle de groupe de freaks, le rock and roll a tendance à faire se rencontrer tout les bannis et les outsiders. C’est une sorte de réseau, un groupe en ramenant un autre et ainsi de suite. Certains se sont connus en tournée, d’autres aiment les albums que j’ai réalisé et veulent être signés sur ce label.
De nos jours, la plupart des labels américains et européens réalisent énormément de merdes (Sub Pop par exemple). Et là dedans, Alive nous balance un nombre inespéré de perles musicales. Vous signez toujours les artistes par goût ou il vous arrive de penser au fric?
Je crois qu’il existe un public qui a faim de vraie musique, qui en a marre de toutes ces productions sans âme ; toute la merde commerciale avec laquelle on nous nourrit. Par chance, le premier Black Keys et le Two Gallants ont attiré l’attention sur notre label, ce qui nous a fait du bien. Maintenant la situation financière.. Disons que nous sommes une petite structure, seulement deux personnes, ce qui ne nécessite donc pas de grands engagements financiers. Notre but n’est pas la domination du monde, mais tout simplement l’enregistrement de disques que nous aimons, en espérant que certains de ces groupes connaissent un succès réel.
Three Michell Gun Elephant est l’un des seuls groupes non américains de chez Alive. Vous croyez au rock Japonais?
Le japon a toujours été un bon endroit pour le rock & roll. En fait, j’ai enregistré un autre très bon groupe japonais qui s’appelle All Tomorrow’s Party. TMGE était un groupe exceptionnel. J’ai signé leurs albums aux U.S.A parce que j’adorais leur musique.
Le son des albums d’Alive est vraiment orgasmique, une ode à un vrai son électrique qui se fait rare. Vous possédez votre propre studio analogique ou vous avez votre propre producteur ?
Dan Auerbach des Black Keys a produit le Radio Moscow et le Brimstone Howl, et il fera certainement le prochain Buffalo Killers. Son home studio est équipé exclusivement de matériel vintage analogique. Il a acheté la console dont se servaient les Moving Sidewalks dans les années 60. Voilà pourquoi ces albums sont si chauds, qu’ils ont un son si riche. Après, les autres disques ont été enregistrés dans des studios différents : Le Black Diamound Heavies a été fait dans le Tennessee, le premier Buffalo Killers a été produit dans le Cincinnati par John Curley de Afghan Wings. C’est plutôt le choix des artistes, car les gens font toujours les choses de manière différente, après il ne reste plus qu’à les trouver.
Comparativement au reste de la production mondiale, avez vous conscience d’un savoir-faire sudiste américain pour ce genre de musique?
Nous faisons partis de quelque chose de bien plus large, je suppose. Une sorte de grande famille du Rock & Roll. Mais, je ne suis pas dans une sorte de croisade du “tout garage”, du rock sudiste ou du blues. La plupart des artistes de notre label sont orienté blues, mais un groupe comme SSM possède des influences Kraut Rock. Two Gallants est un groupe de Punk-Folk. Black Diamound Heavies a été décrit comme la rencontre entre John Lee Hooker et Black Flag. Quand au Buffalo Killers, ils ont une vraie influence Beatles. C’est juste de la bonne musique joué par des musiciens à grands coups de hache !
En France, la musique est investie par l’Etat à coups de quotas et de subventions. Qu’en est-il aux Etats Unis?
Ici le rock & roll n’est pas aidé par le gouvernement: c’est la musique du diable!
A votre avis, le musicien rock doit-il toujours faire peur en 2007 ? Doit-il effrayer les grand-mères ?
Non, on doit juste jouer la musique très fort et festoyer…
Alive records semblent être le label qui pourrait découvrir le sauveur du blues. Est-ce qu’il existe a votre connaissance de jeunes artistes noirs américains qui pourraient reprendre le flambeau ?
Je viens juste de signer une légende de la soul made in Detroit : Nathaniel Mayer. Il a soixante ans et il est toujours bel homme, mais il ne va pas ressusciter le blues. Franchement, je ne pense pas que le blues soit très présent chez les jeunes noirs américains de nos jours. Je pourrais avoir tort mais bon… Nos artistes sont essentiellement des gamins blancs, ce ne sont pas des bluesmen : ils jouent du Rock & roll.
La réputation des Black Keys a traversé les frontières. Est ce que cela vous importe d’expatrier vos artistes hors des Etats-Unis ?
Bien sur. Cela donne de la visibilité au label et j’espère que cela ramènera un nouveau public. Puis ca aide à payer le loyer!
Pourquoi est ce que tout les clips des artistes de Alive sont-ils en prise live?
Parce que c’est pas cher et que n’importe qui peut le faire.
Pour finir: pour vous c’est quoi être Alive?
Not Being Dead!
http://www.alivenergy.com/
http://www.myspace.com/aliverecords




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