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ALISTER Emotion piano-whisky

Alister. Un nom à suivre. Dans son sillon, un peu d'espoir perdue au milieu des sorties navrantes (Au passage je vous recommande Daren Keller, un sommet du genre (...) suite

Alister. Un nom à suivre. Dans son sillon, un peu d’espoir perdue au milieu des sorties navrantes (Au passage je vous recommande Daren Keller, un sommet du genre dans le faussement débraillé). Parce que sa musique n’est pas encore formatée pour les ondes et les carcans couin-couin qui polluent la radio et parce qu’Alister se revendique de Lou plus que Gains’, on aime Alister. C’est juste le Paris qu’on fantasme, à 7 heures du matin en rentrant chez soi, l’âme un peu grise et le regard défaillant, une fille à chaque bras.

// Désordre // ALISTER. Desordre.mp3

Alister sort son premier album le 25 mars chez Barclay. Un album produit par Baxter Dury, fils de Ian (Ian Dury & the blockheads, Sex drug & rock’n'roll, tout ca…), également auteur d’un des meilleurs albums de 2005, Floorshow. Et puis il y a Qu’est ce qu’on va faire de toi, nom de code du premier album D’Alister.

Parfait crossover entre les refrains con-con guitare et les ballades vert de gris sponsorisées par Clan Campbell. Un pathos à suivre de très près dans les prochains mois pour oublier que la France c’est un wagon de rockers sentimentaliste qui pleurent dans les jupes de leurs mères.

Bonsoir Alister. Ce n’est qu’après avoir écrit quelques lignes sur toi que j’ai parcouru ce qu’on pourrait appeler ta bio’ fictive, écrite par une inconnue et…

C’est moi qui l’ai écrit en fait…

Ah c’est toi?

Oui. Sous le pseudo de Miss Linda Lee.

Ah ok. Il y a quelques éléments fictifs, d’autres vrais – ton passé d’auteur sur La minute blonde sur C+-. Mais fondamentalement, quand sont venues ces compositions ?

J’ai arrêté la TV voila un an et demi, mais la musique était déjà là. Tout s’est parfaitement enchainé en fait, puisqu’après ma « retraite télévisuelle » j’ai directement signé avec mon label.

Je parle de la date de créations de ces chansons car il y a un sacré fossé entre Filles à problème et 7 heures du matin.. Entre la facilité pop et l’émotion piano whisky.

Pour faire le lien entre deux chansons comme ca, pour moi la référence c’est Transformer de Lou Reed. Lorsque tu arrives à placer sur un même album Hangin’ Round et Perfect Day. Ca m’a toujours fasciné ce grand écart. Après lorsque tu es en français sur un mode piano-voix t’es pas trop dans la merde, ton oreille est inconsciemment habitué à ca. Des que tu passes à quelque chose de plus rythmé, plus rock, c’est un peu l’usine à gaz. Plein de pièges. Soit t’en fais trop et c’est surjoué, soit t’as un texte totalement nul et ca fait Hallyday dans les mauvais jours. L’air de rien une chanson comme Fille à problème m’a pris beaucoup plus de temps à écrire que 7 heures du matin.

Il y aussi un phrasé dans ta musique. Une musique des mots. Un aquabonisme dandy. Tu as eu quoi comme expérience textuelle ?

Désolé.. je.. je vais te redire Lou Reed. Je sais que pour les gens qui n’ont pas cette référence on va dire Dutronc, etc… Mais moi je n’ai jamais écouté de français. Après le fait de ne pas vouloir vraiment chanté, c’est un choix presque esthétique. Je n’aime pas trop chanter avec une voix haute, ca a toujours été l’évidence de chanter comme ca.
Les choix esthétiques renvoient souvent à la beauté du geste, au dandysme…

Sur la vidéo que tu as tourné, je dis qu’il y a le parisianisme que j’aime, la chanson intra-muros, urbaine.

Sur ce truc de dandysme, je me le trimballe depuis l’adolescence. La meilleure réponse reste de ne pas en parler. Sur la chanson parisienne, je suis toujours prudent sur les écoles, les castes, etc… Je ne veux pas me laisser enfermé dans une boite. Le clip se finit effectivement sur quelque chose de très parisien. Mais il y tout un truc aujourd’hui sur Paris, une sorte de ressentiment qui m’énerve. Moi je suis parisien mais la province ne me dérange pas. On peut être parisien sans vivre à Neuilly c’est absurde.

Il y a la nuit aussi.

Tout à fait. Aujourd’hui c’est la nuit que je vis. Cela ressemble à de l’errance, des déambulations, des rencontres. Où ponctuée par l’insomnie avec le sommeil très tardif. Cela va de pair avec l’ambiance littéraire. Et c’est cela notre avantage sur les anglo-saxons, notre capacité à agencer les mots, les faire sonner. On arrive à organiser les mots d’une meilleure façon, si tu rajoutes la façon de produire les voix, comme je l’ai vu avec les anglais avec qui j’ai fait l’album, ca marche. Lorsque Baxter Dury a reçu les maquettes, il a tout de suite adoré la voix sans comprendre un seul mot. Il y cet avantage littéraire en France. Bon après, Baxter est fan de Melody Nelson, qui est depuis devenu une tarte à la crème, mais bon…

La rencontre avec Baxter, c’est venu avant ou après la signature avec Barclay?

Après. On cherchait un producteur, j’avais très peur à l’époque, de ce choix artistique. De par mes anciennes expériences en la matière. Mais bon.. On rencontre deux ou trois producteurs français, ca s’avère comme prévu dramatique et…

Tu crois qu’il y a vraiment un problème avec la production en France ?

Sans rentrer dans la technique, l’enregistrement des guitares est catastrophique en France. Sans arriver à te le décrire, Baxter enregistre mieux les guitares, point. C’est aussi un état d’esprit. C’est l’oreille, le mec a pas été pollué par Michèle Torr quoi ! (Rires)

Il y a un coté « Bullshit detector » qui fait que les Anglais vont tout de suite déceler la note qui ne colle pas. Donc moi du coup avec cette expérience malheureuse j’ai balancé une liste d’anglais avec le nom de Baxter dedans. Le mec nous a tout de suite répondu, par myspace je crois, et moi j’y croyais pas.

Tu as eu ce truc à un moment, comme Polnareff pour son premier enregistrement où il demande Jimmy Page à la guitare, de choisir le meilleur sur le marché ?

Oui sans doute… Mais étant un grand fan de T-Rex j’avais également pensé à Tony Visconti par exemple. Le mec a des contacts en France, a déjà bossé avec les Rita, même Marc Lavoine, remarque bon c’est peut-être ca qui a fait que ca n’a pas collé (rires)… Après le problème reste toujours de ne pas trop rêver. Ce n’est plus le Tony Visconti de 71. Baxter il a mon âge. D’ailleurs mes textes les ont fait rire les anglais, ils trouvaient ca touchant, car même si les paroles sont justes, ce n’est pas l’anglais qu’ils utilisent. Baxter n’arrêtait pas de me dire qu’il avait des origines françaises, qu’il était le descendant de tailleurs français huguenots ayant fuit les guerres de religion protestante… Lui se sent très Français et moi je me sens plus.. Anglais.

A un moment tu parles de la France comme d’une déception. Véridique ?

Oui totalement. Tout est lié. Je suis rentré dans un label français, et les premiers gens qu’on m’a tout de suite proposé étaient français. Je ne te dirai pas leurs noms (rires) ! Bref sans cracher dessus, ce sont des gens bien, ca n’a pas collé. Mais moi depuis le début mon seul objectif c’est de m’évader de tout ca. Et le label m’a soutenu. Le coté franchouillard, voire même des fois parisien, m’exaspère. La musique à Paris t’as vite fait le tour. Tout le monde se connaît, tu peux plus dire franchement les choses. Moi j’ai préféré partir en Angleterre. Je voulais avoir un truc original.

Et malgré tout je sens le truc qui peut marcher avec ta musique… tes espoirs sur ce futur album ?

Déjà ce qui est essentiel c’est que l’album que j’ai réalisé me ressemble. Là j’ai un album esthétiquement, artistiquement.. J’en suis très content. C’est l’essentiel. Je peux crever maintenant (Rires) ! La question qui m’obsède c’est toujours : « Est-ce que je peux me regarder dans la glace ». L’important c’est la cohérence. Après t’as raison ce que je fais est assez accessible tout en restant exigeant. Il y a dans ce nouvel album des choses plus provocantes que les chansons sur le myspace. Encore plus noires. Vraiment. Ou encore plus pop. Je te l’ai dit pour moi la thématique c’est Transformer. Comment allier la facilité et l’exigence. Après dans le texte, je n’aime pas être trop frontal en fait, ni les débordements émotionnels factices. Encore moins les banalités. J’aime lorsque la chanson d’amour n’est pas vraiment une chanson d’amour, lorsque la chanson conne ne l’est pas vraiment… Ca c’est la pop anglaise.

Comme ces cœurs très Beach Boys sur Fille à problème… C’est qui qui chante là-dessus d’ailleurs ?

(Hésitant) Bah euh.. Moi. Mais tu vois lorsque je te dis que je peux chanter ! Lorsque je dis c’est un choix de déchanter, c’est vraiment un choix.

Syd Charlus de Gonzaï aime beaucoup ce que tu fais, il déteste Fille à problèmes mais adore 7.00 du matin. Il dit que tout tient dans 15/20 secondes géniales qui font de la chanson un vrai moment d’émotion où il se passe un truc.

Je crois que je comprends. 7.00 du matin et Hier soir sont nées en deux jours. Je crois que j’ai fait Hier soir pour moi, pour exprimer le sentiment de confusion, et 7.00 du matin en était une variation sur le même thème. Dédiée à une fille tu te doutes, avec qui je me suis brouillé depuis… Mais ca ressemble à quelque chose que j’aurai pu faire pour quelqu’un d’autre. Parfois certaines chansons semblent trop évidentes pour soi.

A ce moment, une chanson paillardo-sexuelle style La bite à Dudule crache dans les enceintes, quelque chose d’horriblement vulgaire balancé par le serveur du bar.

… C’est aussi ca la France. (Rires)

J’ai croisé Jérôme Attal hier soir, qui te connaissait pour t’avoir vu récemment en concert, et qui me disait de son frêle filet de voix qu’il aimait bien mais trouvait les textes très différents….

Je connais Jérôme de réputation, musicale j’entends. Je vois ce qu’il veut dire sur nos différences. Après je préfère largement cette comparaison à d’autres. Mais je ne me sens pas vraiment d’alter-ego français, désolé. Je sais que ca n’a rien à voir mais par exemple j’aime beaucoup Dondolo, même si son univers est ultra loin du mien.

Il lit Gonzaï toutes les semaines, il appréciera. Pour toi le déclin Français vient de loin ? Je veux dire… tu crois qu’à un moment il y a eu une cassure ?

Pour moi aussi loin que je me souvienne cela remonte à ma naissance. La musique française ne m’intéresse pas du tout. Jamais. Même les grandes pointures mythiques. Quand tu mets Lou Reed à coté de … Putain je peux plus rien dire maintenant (Rires). Bon tu le mets à coté de Raphael c’est le jour et la nuit. Raphael je l’ai vu en concert –pour des raisons professionnelles- en train de reprendre Satellite of love, c’est horrible.

L’utilisation du piano dans ta musique, étrangement, se sent plus que chez Lou Reed. Le storytelling sur touche en ivoire ?

Le piano….. c’est tellement riche harmoniquement, imprévisible. J’ai fait quelques concerts en piano solo c’est autre chose, très fort. Je suis grand fan de Randy Newman, ou même tiens, de John Cale, et d’un album live en piano solo, Fragments of a rainy season. Un condensé de carrière. Bon c’est mormon hein.. Mais c’est magnifique.

Un nom pour le premier album à paraître début 2008 ?

Plusieurs pistes…. Peut-être Qu’est-ce qu’on va faire de toi. C’est très vicieux, avec différents niveaux de lecture. On ne sait pas qui parle à qui, ni de quoi… Mais ce sera un bel album, on a le batteur de la dernière tournée de Massive Attack, l’album a été enregistré à Bristol, on a Baxter Dury à la production… Le fait que je signe chez Barclay c’est peut-être un signe d’espoir finalement. Les choses peuvent encore changer.

Photos: Virgile Biéchy

(Alister sera en concert le 25 mars à la Java pour la release party)

13 commentaires

Oui… Lou Reed. dans Hier soir, on entend comme un écho de Kicks (dernier titre de la face 1 de Coney island baby). Ca ne marche pas puis ça prend, mystérieux. Et fan de Randy newman, avec ça… l’affaire devient carrément excitante, inspecteur Bester.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 17 mars 2008 à 9:59

j’aime bien ce mec plus que bien!

Commentaire par Alex Rossi, le Lundi 17 mars 2008 à 12:02

C’est classe ! Mais ça sonne plus comme un ” Joe Dassin” mutant que Lou Reed !!

Commentaire par Miam, le Lundi 17 mars 2008 à 9:40

J’aime bien tout ce que j’ai entendu à aujourd’hui de cette artiste
Et la dernière qui passe en ce moment sur le mouv’Q u’est-ce qu’on va faire de toi est un pur bijou !!
Je ne peux dire que bravo

Commentaire par Rejanie13, le Lundi 17 mars 2008 à 19:21

je trouve ça pas mal: le meilleur c’est qu’est ce qu’on va faire de toi; les riffs sont trop bons
et les proles sont trop bien; car c se batit petit a petit et c’est une bonne critique de la société de consomation ; je l verrai bien chanté par sarkozy… à la première personne

Commentaire par matthieu yver, le Lundi 17 mars 2008 à 0:17

Qu’est-ce qu’on va faire de toi?
Drôle et qui active bien l’imagination
J’ai entendu sur france inter, le matin en faisant mon repassage.
C’est sûr qu’un concert à la Maroquinerie le 14 mai, c’est tentant avec le TGV . Il faudrait aussi le super TGV qui enlève les années en trop et qui remette à la page le vocabulaire quinqua……..
Continue

Commentaire par Marie-Odile Délon, le Lundi 17 mars 2008 à 12:33

Qu’est ce qu’on va faire de toi, la chanson, est vraiment l’iceberg qui cache la forêt….

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 17 mars 2008 à 11:47

Entre Sherwood, Brocéliande et Fontainebleau… Y’a quand même 2 ou 3 Titanics qu’ont du souci à se faire. Ceci est une menace. Et une bonne.

Commentaire par Victor Chagall, le Lundi 17 mars 2008 à 15:29
Commentaire par Oldphine, le Lundi 17 mars 2008 à 17:13

et bien Moah ! le patron de Barclay y veut plus me parler depuis que je l’ai insulter pendant cinq bonnes minutes (c’est luiqu ‘y ‘a compté)il y a déjà bien 6 ans au moins ,pourtant avant on était copain, on avait même échangé nos tee shirts, je suis ? je suis ? je suis?
un ami qui vous veut du bien

Commentaire par ex-dandy now catho/bohème, le Lundi 17 mars 2008 à 3:31

pourtant je l’avais pourri dans le cadre de mon métier…

Commentaire par ex-dandy now catho/bohème, le Lundi 17 mars 2008 à 3:33

Alex rossi à effectivement le droit de penser ce qu’il pense
Je ne me formaliserai pas même si moi je pense qu’alister est un type formidable, ça ne regarde que ma conscience et moi, ok?
Mais moi j’aime bien la techno parfois, on a le droit de ne pas aimer des trucs aussi merde quand à la chanson française. Y’a aussi des trucs qui se passe aussi et surtout aux alentours des moyennes métropoles,rennes, pau, ce style de villes ou daho a souvent fait des concerts, et pas que des lives playback baclés, la distortion, california girl est certainenment une sacrée bonne chanson. j’ai le sentiment que finalement on est trés peu à penser que la pop/rock américaine par rapport aux anglais, je sais pas trop.
louis ferdinand celine dion trop peu pour moi, je deteste les canadiens surtout quand ils ont des foulards autours de leur cou, et les gens du signe cancer tout au plus, si j’ose m’exprimer ainsi a prt alister qui est poisson d’eau.

Commentaire par gregory lemarchal nous voila, le Lundi 17 mars 2008 à 22:20

Alors on se la ferme sa grosse gueule hein!Bande de putois.

Commentaire par gregory lemarchal nous voila, le Lundi 17 mars 2008 à 22:22

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