Le contexte : Alexandre Varlet porte des lunettes de soleil. Des sunglasses plus précisément, car le Français se rêve étranger à la Ray Ban nonchalante. Anglosaxon pour être exact. A l’âge de quinze ans, l’époque des rêves éveillés au fond du lit, Varlet entend Depeche Mode dans la micro enceinte de son radio-réveil Sony. C’est décidé, Varlet sera rock star. Enfin, star du rock, car nous sommes en France. Les mots se conjugent ici dans une langue moins déliée que celle de ses idoles (Cocteau Twins, Dylan, les rockers qui portent les sunglasses lorsque la nuit tombe).
L’histoire : Varlet sort son premier album en 1998 et son label met la clef sous la porte. Neuf ans plus tard, Ciel de fête se signe chez Fargo avec la même formule (Textes et lunettes noires devant, guitares et mélancolies électriques derrière). Ce troisième disque, Varlet y croit dur comme fer, c’est la lumière en point de fuite ; il y croit, il espère, imagine que l’auditeur écoutera les textes en pensant pathos et catharsis, comprendra les accords renversés et le lyrisme débordant. Las, le mix improbable Jean-Louis Murat / PJ Harvey donne une très belle ritournelle (Montre toi) rentre-dedans, qui fait oublier la tonalité «vertige rive-gauche sur Stratocaster» du reste de l’album. Le radio-réveil Sony n’est pas toujours réglé on time.
Le dénouement : De la même façon qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, que grand-mère habillée en Gucci ne fait pas la Une des podiums, les influences anglosaxonnes ne donnent pas le droit de chanter en français des comptines lithurgiques premier degré. 1965 : Hugues Aufray adapte Bob Dylan. Quarante ans plus tard, le premier porte toujours ses cheveux longs et passe chez Drucker, le second porte toujours aussi bien le culte. Alors, ce Ciel de fête se regarde avec sunglasses, indice de protection maximum : quelques rayons de soleil percent parfois à travers l’opacité des lyrics.
Alexandre Varlet // Ciel de fête // Fargo
www.myspace.com/alexandrevarletmusic




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