C’est un sentiment de paix qui m’envahit. Une douce sérénite à l’ouverture du cellophane. Enfin un album de moins de dix pistes, six plus exactement, qui explorent et défrichent preque tout autant que le Ghost is born de Wilco. Après des semaines à arpenter des albums aux longueurs inter-minables, l’arrivée d’ Alex Delivery et de ce premier album rongé jusqu’à la moelle, rassure sur l’avenir : les rockers ne sont pas tous des caricatures en cuirs et badges CGBG. Chez Alex Delivery, les rockers sont nus et ne portent pas de gants pour taper le larsen en étendard.
Dès la jaquette, on comprend que Alex Delivery pose l’équidé en équation. C’est comme une évidence. Six titres pour galoper sans s’arrêter, frénétiquement, pas le temps de boire ni de changer les fers ; le cheval américain de Delivery cavale vers la recherche sonore, comme ses homologues de Besnard Lakes et The Ponys. C’est définitivement l’année des canassons soniques. Accessoirement une bouffée d’air frais pour le rock de l’Oncle Georges W.
Il y a sur ce Star Destroyer des sonorités d’instruments étranges, des scies qui vibrent, des chœurs pas vraiment justes, un harmonium qui râle. Une violence contenue sur de longues plages expérimentales où l’auditeur pourrait se noyer s’il n’y avait pas ce gilet de sauvetage. A une époque où le Krautrock semble revenir à la mode, où le Spiders (Kidsmoke) de Wilco, justement, fait office de libération jouissive, Alex Delivery gagne sa place sans le faire exprès. Car ce Komad en ouverture, c’est un bon uppercut de plus de sept minutes où le chant s’efface devant l’instrument.
Star Destroyer est donc sur le fil, en crypté pour ceux qui n’ont d’oreilles que pour Jarvis et Devendra. Car, oui, chacune des chansons de cet album est un petit secret rempli de mélancolies, de mouvements mystérieux et de rupture de charge (Rainbows) qui évoquent Tortoise et Boards of Canada. Rien que ça. Cette batterie mécanique, ces coups de grosse caisse en métronomie, l’impression que Can ne s’est jamais éteint… Star destroyer est un vaisseau spatial à l’envergure lointaine, les rares humains encore présents à bord écoutant Neu ! et Sonic Youth, avec la même concentration dévote ; Sheath-Wet, elle, n’est qu’une putain de remise en question à faire palir Arcade Fire.
J’ai longtemps eu peur de faire du cheval, la faute à des montures un peu casse-gueule. Maintenant, je suis prêt.
Alex Delivery // Star destroyer // Jagjuagwar




ETRE DIEU
le foto é tré réusi cé bien mé il fé noir sur lo foto