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ACTOR’S STUDIO Old labor stage et autres théories absurdes

Old Labor Stage, 432 West 44th street L’Actors Studio, créé en 1947 par Elia Kazan, Cheryl Crawford et Robert Lewis, est la plus grande instance imaginée par les inside (...) suite

ACTOR’S STUDIO Old Labor Stage, 432 West 44th street

L’Actors Studio, créé en 1947 par Elia Kazan, Cheryl Crawford et Robert Lewis, est la plus grande instance imaginée par les inside men du cinéma américain connue à ce jour. Aujourd’hui co-présidé par Harvey Keitel, Al Pacino et Ellen Burstyn, c’est à l’origine un atelier fondé pour aider les acteurs, écrivains de théâtre, réalisateurs ou comédiens, jeunes ou vieux, à perfectionner leur art dans une ambiance décomplexée, où doit s’exprimer le sentiment vécu de l’artiste plus que la réflexion de ce sentiment.

C’est Lee Strasberg qui fait connaître mondialement le studio, mais la méthode expliquée est inventée par Stanislavski. Je ne vais pas les énumérer, mais si vous matez un film, que l’acteur vous donne envie de chialer, c’est qu’il sort de là. Bon ça n’a pas toujours marché (cf. Alec Baldwin ou Sharon Stone) mais globalement on peut dire que sont sortis de là les plus grands bouleversements cinématographes.

Cut.

On revient en France, Année 1950, commencent déjà à se faire connaître les prémisses d’une nouvelle vague dont les dogmes vont tout changer. Jean-Pierre Léaud (Antoine Doisnel pour d’autres) est la représentation cinématographique de cette révolution culturelle.

Or, qu’observe-t-on ? Son non-jeu. En effet, Il n’interprète rien d’autre que lui-même, qu’une idée qu’il transcende à travers des mouvements trop faux pour être vrais, trop joués, mais trop sensibles. De la même manière que Bernadette Lafont, ou même, plus tard, Jean-Claude Brialy, ils vont tous à l’encontre des Gabin ou autre Ventura pour porter à l’écran une idée qui passe, non pas grâce à eux, mais à travers eux.

Strasberg qui opéra de 1951 à 1982 s’inspire clairement de cette idée du jeu pour transmettre un enseignement extrêmement différent de ceux qui furent donnés à Dean, Brando ou Newman, bien qu’il contribuât à les former. «Un acteur doit interpréter la vie, et pour y parvenir, se livrer à toutes les expériences qu’elle lui offre. Mais il doit exiger plus que cette offre. Au cours de sa brève existence, l’acteur doit apprendre à s’éveiller à la vie, et, dans ce combat, il doit être un surhomme». Combat que l’auteur de cette maxime perdra, violemment, dans un accident de voiture, dans une Porsche 550 Spyder en 1955.

En Février 1951, Jack Kerouac insère dans sa machine à écrire un rouleau de Télétype de cent mètre de long et commence Sur la route : « J’ai connu Dean peu de temps après qu’on eut rompu, ma femme et moi… ». Un autre, et pourtant…

C’est donc toute une époque qui sera marquée, au cinéma, par les divers bouleversements apportés par la nouvelle vague, et l’héritage des mémoires troubles de la Beat et ses inspirateurs.

Pour les durs de la feuille, le jeu français typique nouvelle vague inspirera largement son cousin d’outre-Atlantique. Ainsi bien sûr que les marqueurs temporels.

La répercussion sera grande et on y vient, à ma théorie absurde : l’européanisation du cinéma américain des années 1960/70.

Taxi Driver de Martin Scorsese , Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino, Duel de Spielberg, et cætera. J’en passe donc, non moins connus et réussis, mais pourtant tout aussi marqué par cette déferlante européenne du jeu d’acteur, de la photo surtout, et de la musique.

De Niro devant sa glace (Fellini à fond).
Christopher Walken joue à la roulette russe (Jacques Rigaut)
Le camion dans le rétroviseur (Le salaire de la peur)

Bon je sais qu’il est facile de partir d’une hypothèse et de la confirmer aisément par des exemples bancals. Cependant, je vous laisse devant vos écrans, et, si vos petits cerveaux cinéphiles ont la présence d’esprit d’ajourner le regard morne et sans expression habituel pour laisser place à l’œil avisé de l’homme non affable, j’ose espérer que dans plusieurs films de l’époque le bouleversement européen vous sautera aux yeux, telle la menthe religieuse en proie aux montées hormonales les plus viles.

Amen.

2 commentaires

“l’européanisation du cinéma américain des années 1960/70″…

En d’autres mots, le “Nouvel Hollywood” ?

Commentaire par Elaine, le Lundi 14 avril 2008 à 7:54

Pas tout à fait car le nouvel Hollywood n’inclue pas les petites productions indépendantes encore plus inspirées par l’Europe que les grosses. Mais oui si tu veux, le nouvel Hollywood, j’aurais du le mentionner. Bonnie and Clyde ou le lauréat par exemple.

Mea Culpa Elaine.

Commentaire par lolo, le Lundi 14 avril 2008 à 9:57

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